Volume 4, Numéro 1, 1998/1999
Table des matières
Reconnaissance des études
et des diplômes de niveau supérieur :
Portrait de la situation au Québec
Par Marielle Poirier
Directrice des études, Collège Édouard-Montpetit
Membre du Groupe de travail sur la mobilité et la transférabilité, ACCC
Le système scolaire québécois a ses particularités quil convient de
rappeler pour mieux situer la question de la mobilité entre établissements
denseignement supérieur. Par exemple, le système denseignement secondaire du
Québec décerne le diplôme détudes secondaires (D.E.S.), mais il offre aussi des
programmes de formation qui préparent à lexercice de métiers non spécialisés et
semi-spécialisés et qui sont sanctionnés par un diplôme détudes
professionnelles (D.E.P.). La mission de lordre collégial est doffrir une
préparation aux études universitaires ou une préparation à lexercice dune
profession. Les programmes détudes techniques des collèges sont de trois ans et
ont en commun avec les programmes préuniversitaires (de deux ans) une composante de
formation générale. Le ministère de lÉducation établit les résultats attendus
de la formation, ainsi que les seuils de performance requis, sanctionne les études
collégiales et décerne les diplômes détudes collégiales.
Larrimage de la formation offerte à tous les niveaux denseignement
est apparu comme une priorité lors des États généraux sur léducation au Québec
(1995-1996). Ainsi, dans le Plan daction ministériel pour la réforme de
léducation (janvier 1997), les orientations ministérielles sont énoncées au
regard de la continuité des études. Diverses mesures structurantes ont été proposées
pour faire en sorte que les diplômés de la formation professionnelle au secondaire aient
accès aux études techniques et que les titulaires dun diplôme détudes
collégiales techniques puissent poursuivre leur formation au niveau universitaire. Le
Comité de liaison de lenseignement supérieur (CLES) a formé un groupe de travail
pour identifier les formes de collaboration collège-université en matière de
continuité des études techniques et en définir le cadre et les modalités.
Structures daccueil pour les diplômes obtenus hors du Québec
Ladmission des candidates et candidats en provenance des autres provinces
du Canada à un collège québécois se fait sur la base de léquivalence du
diplôme détudes secondaires. Même si la formation initiale acquise hors du
Québec comprend une année de plus quau Québec, la structure particulière des
programmes collégiaux québécois rend quasi impossible la reconnaissance des
équivalences de cours de la première année détudes collégiales pour les
candidats qui détiennent un diplôme qui sanctionne la formation initiale obtenue dans
une autre province canadienne ou à létranger.
Au niveau universitaire, chaque établissement détermine les critères
déquivalence pour laccès aux études universitaires sur une base autre que
celle du diplôme détudes collégiales (D.E.C.) exigé pour les résidents du
Québec. Les collèges et les universités consultent régulièrement le Service des
équivalences détudes (SDE) du ministère des Relations avec les citoyens et de
lImmigration. Depuis 1971, le SDE a développé une expertise unique et dispose
dune banque importante de données sur les diplômes internationaux. Le Service a
pour mandat exclusif de décerner les avis déquivalence détudes pour les
personnes qui souhaitent faire reconnaître leurs études, diplômes et titres obtenus à
lextérieur du Québec.
Lexercice de certaines professions et lutilisation de titres
correspondant à ces professions, (éléments couverts par le Code des professions du
Québec) relèvent des ordres professionnels pertinents. Ceux-ci établissent les normes
et les procédures visant à reconnaître les formations et les diplômes obtenus à
létranger.
Évolution du dossier de la reconnaissance des acquis
La reconnaissance des acquis scolaires et extrascolaires (RA) constitue un moyen
de simplifier la question de léquivalence. Au Québec la RA est un service reconnu
par règlement ministériel dans le régime des études collégiales. En 1982, la
Commission détudes sur la formation des adultes concluait à « la nécessité
dimplanter la reconnaissance des acquis dans lensemble du système
déducation au Québec. » Afin de soutenir les activités délaboration
et de mise en oeuvre de la RA, le ministère de lÉducation et la Fédération des
cégeps ont convenu dune structure provinciale et créé, avec le concours financier
du ministère de lEmploi et de lImmigration du Canada, le Fonds pour
limplantation de la reconnaissance des acquis au collégial (FIRAC) en 1987.
La Fédération des cégeps a identifié trois grandes étapes dans
lévolution du dossier de la RA au Québec. En 1990, soit à la fin de la phase
initiale dimplantation, le Québec comptait 235 projets détablissement en RA
dans le réseau collégial, 700 instruments de travail et des services de RA dans
72 % des collèges. En 1992 on est passé à la seconde étape, axée sur
limplantation dun « nouveau mode dintervention et de financement
des activités en reconnaissance des acquis au collégial », sinscrivant dans
la recherche de « solutions durables » et de « nouvelles règles de
fonctionnement. »
Le dossier de la RA entame maintenant sa troisième étape - soit la
consolidation. Le project Vers une politique de la formation continue qui fait
présentement lobjet dune vaste consultation, semble aller dans le sens
dune consolidation du dossier de la RA au Québec et propose la mise en place
dun système national, cohérent et efficace qui sappuie sur la synergie des
actions et des principaux acteurs, partenaires du travail, établissements
denseignement et les ministères concernés.
Conclusion
Au Québec, la préoccupation pour lharmonisation interordres des
programmes denseignement a donné lieu à la mise en place dactions
structurantes pour assurer le continuum de la formation. Toutefois, linformation à
lintention des immigrants, laccès aux programmes de formation et la
concertation des organismes et ministères sont des éléments de la problématique pour
lesquels les solutions restent à identifier. Au chapitre de la reconnaissance des acquis
scolaires et extrascolaires, nous cheminons vers une politique nationale de la formation
continue qui devrait permettre de consolider et dharmoniser les pratiques et de
créer un système plus cohérent et efficace.
Sources documentaires :
Robert Jacques. La reconnaissance de la formation scolaire acquise hors du
Québec (document de travail). Ministère des Relations avec les citoyens et de
lImmigration, juillet 1998.
Fédération des cégeps. Commission de lévaluation des adultes.
État du dossier de la reconnaissance des acquis, 1996.
Ministère de lÉducation. Vers une politique de la formation
continue, document de consultation. 1998.