Collège Canada - Le magazine d'information de
l'Association des collèges communautaires du Canada

Volume 4, Numéro 1, 1998/1999
Table des matières

Réimprimé avec la permission du National Post, mercredi 24 février 1999.

Les provinces s’entendent sur des principes nationaux pour l’éducation postsecondaire
Des normes plus élevées et une meilleure accessibilité figurent parmi les nouvelles directives

Par Tom Arnold

Une nouvelle politique devant orienter l’éducation postsecondaire à l’échelle nationale au cours des années à venir sera annoncée aujourd’hui, a appris le National Post. La nouvelle politique prévoit l’établissement de normes scolaires plus élevées, une intensification de la recherche de pointe et une meilleure accessibilité ainsi que des possibilités accrues pour les étudiantes et étudiants qui s’inscrivent à des programmes dans d’autres provinces.

C’est la première fois que l’ensemble des ministres de l’éducation se sont entendus sur une série de principes clés en matière d’éducation postsecondaire au Canada, et ce après deux années de négociations.

La nouvelle politique énonce des directives générales, notamment la formation d’un plus grand nombre de partenariats entre le public et le privé dans le domaine de la recherche postsecondaire, une plus forte insistance sur la recherche concernant la culture canadienne, et une meilleure utilisation de le technologie et de l’informatique pour l’avancement de l’éducation.

Le Conseil des ministres de l’Éducation, composé des ministres de chaque province et territoire, divulguera officiellement le rapport lors d’une conférence de presse aujourd’hui à Toronto.

Le Québec et le Yukon, quoique membres du conseil, ont contribué à titre d’observateurs à la formulation de la politique.

La question de la mobilité revêt une importance particulière, plusieurs provinces ayant critiqué le Québec pour sa politique des frais de scolarité différentiels. Alors que le Québec demande à ses propres étudiantes et étudiants des frais de scolarité qui tendent à être bien inférieurs à ceux des autres provinces, les étudiantes et étudiants des autres provinces et territoires qui s’inscrivent au Québec font face à des frais de scolarité presque deux fois supérieurs.

Selon certaines sources, l’ensemble des ministres de l’éducation ou leurs hauts fonctionnaires, y compris des représentants du Québec, se sont mis d’accord sur une position selon laquelle tous les gouvernements doivent s’assurer qu’il n’y a « pas d’obstacles à la mobilité interprovinciale qui entravent abusivement l’accessibilité aux programmes ».

Le document de 25 pages précise toutefois que la mise en œuvre des objectifs du rapport relève de la responsabilité des provinces et des territoires.

Plus de 1,4 million d’étudiantes et étudiants fréquentent actuellement les collèges et les universités à travers le pays.

Bien que les provinces reconnaissent que chaque région du Canada présente des différences sociales, économiques et culturelles, elles sont tombées d’accord que les gouvernements doivent formuler une liste d’attentes précises pour que leurs établissements d’enseignement puissent fonctionner le plus efficacement possible et répondre de leur performance.

Les ministres de l’éducation reconnaissent avoir un système d’éducation fort et surtout l’importance que doit jouer les gouvernements à cet égard. Le rapport affirme cependant que le tout doit être fait en respectant le droit de gérance des établissements postsecondaires et des particularités de chacun d’eux.

Les ministres demandent que le rendement des étudiantes et étudiants soit évalué à l’aide d’objectifs d’apprentissage et d’autres indicateurs, comme les retombées de la recherche.

Ils sont d’avis que les indicateurs précédents, tels que les dépenses et le nombre de ressources documentaires par étudiante ou étudiant, sont désormais inadéquats pour évaluer la qualité et la pertinence de l’éducation postsecondaire.

Travail innovateur

Le document signale par ailleurs que les universités, les collèges et les écoles techniques ne sont pas que des lieux d’apprentissage. « L’éducation est aussi un investissement, à la fois sage et visionnaire, dans la santé et la lutte contre la pauvreté, la criminalité et le chômage. Elle est une importante source de cohésion sociale et de mobilité, et est essentielle au développement et à la prospérité soutenue du Canada et de toutes ses régions. »

Le projet est l’initiative de Maynard Sonntag, ministre de l’Éducation postsecondaire de la Saskatchewan. Il a déclaré que le rapport représentait « un travail innovateur ».

« Les Canadiennes et Canadiens comptent sur un système d’éducation postsecondaire de haute qualité, accessible au plus grand nombre, pertinent et adapté aux besoins changeants de la société et de l’économie. Cet énoncé sera interprété comme il convient selon chaque province et territoire. »