Collège Canada - Le magazine d'information de
l'Association des collèges communautaires du Canada

Volume 4, Numéro 1, 1998/1999
Table des matières

La OLA lance la « Banque canadienne d'apprentissage »

Par Lurline Langbell
Directrice, Canadian Learning Bank
Open Learning Agency

Imaginons que vous avez votre propre « compte d’apprentissage » dans lequel vous pouvez déposer les cours que vous avez suivis, vos titres et compétences, vos ateliers et activités de perfectionnement professionnel, votre formation en milieu de travail, ainsi que toute autre réalisation sur le plan de l’apprentissage.

Supposons, également, que vous puissiez faire valider et reconnaître ce « capital », le convertir en résultats d’apprentissage ou le faire évaluer en fonction de conditions d’agrément ou d’exigences professionnelles ou scolaires. Ce serait, en quelque sorte, un « intérêt composé », qui viendrait accroître la valeur de votre investissement.

Supposons que vous puissiez convertir votre « capital » pour répondre aux exigences professionnelles de l’emploi que vous convoitez. Que vous puissiez, par exemple, décrocher votre poste de rêve en convertissant votre formation en milieu de travail en équivalences ou en unités.

Supposons, par ailleurs, que vous puissiez faire valider et reconnaître vos connaissances, peu importe où et comment vous les avez acquises. Si ces connaissances étaient transformées en unités de cours, votre employeur actuel ou éventuel verrait tout de suite si vous répondez à ses exigences.

Supposons qu’il existe un moyen de faciliter le transfert des unités partout dans le monde et un autre pour faciliter le transfert des titres et des unités de cours entre les provinces canadiennes, de sorte que les établissements postsecondaires et les organismes d’agrément puissent facilement reconnaître vos résultats d’apprentissage.

Ces idées semblent-elles farfelues? Au contraire, elles sont tout à fait réalistes, car elles reflètent ce qui se fait présentement au Canada. Voici quelques exemples :

De nombreux établissements postsecondaires évaluent la formation scolaire obtenue dans d’autres établissements canadiens ou à l’étranger afin de déterminer si cette formation répond à leurs conditions d’admission et de transfert d’unités.
Certains établissements évaluent également les programmes de formation des sociétés et des écoles de formation privées, en vue d’accorder des équivalences pour leurs propres programmes.
Un nombre croissant d’établissements postsecondaires et d’organismes d’agrément offrent des services d’évaluation des acquis aux candidates et candidats qui demandent l’admission, l’agrément ou des équivalences de cours.
Certains organismes d’agrément tiennent compte des activités de perfectionnement professionnel exigées pour le renouvellement des permis d’exercice.
Partout au Canada, divers services d’évaluation des acquis internationaux sont offerts aux particuliers, aux établissements et aux organismes d’agrément et autres, pour la formation acquise à l’étranger (et au Canada), en fonction des conditions d’emploi, d’admission, de participation à une profession ou de transfert d’unités.

Aucune de ces initiatives n’est vraiment nouvelle. La Open Learning Agency (OLA), par exemple, offre un service d’évaluation des acquis internationaux (International Credential Evaluation Service) depuis quelque temps. La OLA offre aussi d’autres services de façon décentralisée, par l’entremise de la Open University, du Open College et de Workplace Training Systems.

La OLA élabore présentement un service global unique : la Canadian Learning Bank (« Banque canadienne d’apprentissage ») qui regroupera nombre des initiatives d’évaluation et de reconnaissance des acquis traitées ci-dessus en un seul service, afin de faciliter la transition du milieu scolaire aux établissements d’enseignement et de formation, de même que la transition en sens inverse. Il est généralement admis que beaucoup de Canadiens et de Canadiennes possèdent d’importants acquis découlant d’activités de formation et d’apprentissage menées en milieu de travail et cherchent à faire reconnaître ces acquis. En se basant sur l’expérience du International Credential Evaluation Service, la OLA estime que la plupart des personnes cherchent à faire reconnaître leurs acquis pour des raisons d’emploi, à des fins d’agrément ou afin de poursuivre leurs études au Canada lorsqu’elles n’ont pas toutes les compétences ou la formation qu’il leur faut. La OLA estime, par ailleurs, que les gens ont tendance à adopter une attitude plus positive face à l’éducation permanente et à s’impliquer dans ce qu’ils font lorsqu’ils savent que leur formation et leurs connaissances actuelles sont valorisées et reconnues. Les apprenantes et apprenants dont les connaissances ont été reconnues seront plus motivés et davantage portés à s’inscrire à des cours dans nos établissements.

Même les personnes qui ont fait toutes leurs études au Canada ont parfois besoin de faire évaluer leurs acquis afin de répondre aux exigences d’un établissement ou d’un organisme d’agrément situé dans une autre province. Étant donné la mobilité de la population canadienne et les écarts entre les provinces sur le plan de l’agrément, l’évaluation des acquis est devenue un enjeu important au Canada. Nombre de nos programmes de formation professionnelle sont agréés ou reconnus par un organisme d’agrément provincial. Or, les résultats d’apprentissage des programmes offerts dans une province donnée ne concordent pas toujours avec les exigences scolaires établies par les organismes d’agrément d’une autre province. C’est pourquoi l’évaluation des acquis scolaires de candidats canadiens peut s’avérer aussi difficile que l’évaluation des études et des permis des candidats étrangers. Le but de la « Banque d’apprentissage » de la OLA serait donc de faciliter ce processus afin que les Canadiennes et Canadiens puissent obtenir des titres reconnus partout au Canada.

Les services de la Canadian Learning Bank seront-ils tous disponibles dès demain? Bien sûr que non, mais l’entreprise est lancée et pourrait devenir une réalité au tournant du siècle.

Pour en savoir davantage sur la Canadian Learning Bank, veuillez communiquer avec Lurline Langbell, directrice de la Canadian Learning Bank, Open Learning Agency, 4355 Mathissi Place, Burnaby, C.-B., V5G 4S8. Téléphone : (604) 431-3054; télécopieur : (604) 431-3382; courrier électronique : lurlinel@ola.bc.ca.